Caroline Delwasse (2006)

Le prix 2006 de la délégation belge du CIC a été décerné à Mademoiselle Caroline Delwasse pour son mémoire présenté en vue de l’obtention du grade d’ingénieur de Gestion de l'Ecole de Commerce Solvay :

La chasse : derrière une passion, tout un secteur économique ?

Introduction :

La pratique de la chasse a évolué au fil du temps. De la recherche de nourriture carnée nécessaire à la survie et au développement de l’espèce humaine, elle s’est muée au cours des siècles en une activité de loisirs réservée généralement aux classes les plus aisées.

Actuellement, la pratique de la chasse s’est démocratisée, et remplit un nouveau rôle : celui de gestion des populations animales et de leurs lieux de vie. Les chasseurs actuels sont avant tout des amoureux de la nature, qui désirent s’y impliquer activement. Ils assurent effectivement, suite à la disparition des grands prédateurs naturels, la régulation des populations animales, mais contribuent également, qui plus, qui moins, à conserver et à améliorer les biotopes nécessaires au bien-être de ces animaux.

Contrairement à l’idée largement répandue selon laquelle les chasseurs seraient responsables de la diminution des populations animales, la gestion qu’ils en assurent a conduit à une augmentation significative des populations de grand gibier : ainsi, au cours des vingt dernières années, on estime que les populations de cerfs en Région wallonne ont augmenté de près de 100%, celles de chevreuils de plus de 80% et celles de sangliers de 275%. Quant à la diminution des populations de petit gibier, elle peut être expliquée par de nombreux autres facteurs que la chasse.

Leur rôle de « gestionnaire » n’empêche évidemment pas que les chasseurs prennent plaisir à cette activité et y consacrent un budget parfois très important, avec toutes les retombées économiques que cela suppose. C’est cet aspect des choses que nous avons voulu étudier, en nous limitant volontairement à la Région wallonne puisque la chasse relève maintenant des compétences régionales.

Dans un premier temps, nous nous intéresserons aux dépenses exposées par les chasseurs individuellement, que ces dépenses soient occasionnelles ou récurrentes.

Nous passerons ensuite à l’étude du fonctionnement, sur le plan économique, des groupes de chasseurs chassant régulièrement sur un territoire déterminé, et que l’on appelle couramment « sociétés de chasse ». Ces sociétés ayant toutes leur organisation propre, après en avoir donné un aperçu général, nous nous attarderons à deux sociétés particulières, l’une chassant le petit gibier, l’autre le grand gibier.

La dernière partie de ce travail sera consacrée à l’étude des retombées économiques globales de la chasse, déterminées principalement par extrapolation des dépenses des chasseurs et des sociétés de chasse.

Par ce travail, nous chercherons donc à montrer que la chasse en Région wallonne, activité si souvent décriée, joue pourtant un rôle non négligeable dans la vie économique de l’ensemble du pays, certaines retombées économiques dépassant les frontières régionales.

A télécharger : La chasse : derrière une passion, tout un secteur économique ? (110 pages)